Citron Cosmique

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Catégorie : Expo

  • La carte de France de Cassini. Une encyclopédie du territoire

    Chef d’œuvre cartographique du XVIIIe siècle, la carte de France de Cassini est la première carte de France levée géométriquement à l’échelle d’un pays entier. Document historique emblématique, composé de 181 feuilles, c’est aussi un objet d’art monumental de onze mètres de largeur sur douze mètres de hauteur. S’appuyant notamment sur un versement majeur de l’IGN aux Archives nationales, l’exposition retrace l’histoire de la carte sous un jour inédit.

    En 2021 et 2025, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) a versé aux Archives nationales le fonds des archives relatives à la carte de France de l’Académie, plus connue sous le nom de carte de France de Cassini.
    Ce fonds remarquable se compose des calculs, des écrits, des minutes mais aussi des cuivres et des tirages originaux relatant la fabrication et la vie de cette carte entre 1750 et les années 1950. Un fonds dont le caractère exceptionnel permet de dévoiler aujourd’hui des aspects méconnus d’une œuvre à la portée universelle; une œuvre conçue par quatre générations d’astronomes et cartographes : les Cassini.

    L’art de la science

    Première carte levée « géométriquement » à l’échelle d’un pays tout entier, le royaume de France, à l’époque le plus puissant et le plus peuplé d’Europe, sa réalisation est admirable à plus d’un titre. Elle est, d’abord, le fruit d’une volonté étatique continue qui, avec Louis XIV et Colbert, Louis XV puis Bonaparte, en décide et pérennise le projet ; même si, de 1756 à 1793, une société privée la finance en partie. Elle implique le recours à des techniques scientifiques innovantes, pour la méthode et les instruments, qui la lient à la création de l’Académie des sciences en 1666 et de l’Observatoire de Paris en 1667. Elle naît de la constance de savants qui la mettent en œuvre jusqu’en 1815, aux côtés de la dynastie des quatre Cassini de 1669 à 1793. Elle résulte d’un travail de terrain puis de restitution par la gravure, à la fois minutieux, normé, parfois difficile, et de très longue haleine, depuis les levés de l’abbé Picard en 1668 jusqu’aux derniers levés vérifiés en 1790. Elle est hors norme, enfin, par son déploiement final, dans l’espace bien sûr puisque les 181 feuilles assemblées font plus de douze mètres de haut sur onze de large ; mais aussi dans le temps, car des premiers travaux en 1668 à l’ultime usage des cuivres au XXe, s’écoulent presque trois siècles !

    Une aventure hors du commun

    La construction de la carte de France de Cassini constitue une véritable épopée. De l’astronome au libraire en passant par l’ingénieur-cartographe, le vérificateur ou encore le graveur, chaque métier se doit de travailler avec grande précision et dans le respect des consignes détaillées par Cassini III en 1744 dans sa Description géométrique de la France. Levés, toponymie, calculs, dessins, signes… toutes les étapes sont scrupuleusement respectées. Lentilles-objectifs, graphomètres à lunettes, quart-de-cercle…, des instruments de pointe pour l’époque sont utilisés.
    Ce travail scientifique de terrain durera plus de 70 ans avant d’atteindre sa finalisation en 1815. Une entreprise titanesque reposant sur une méthode inédite : la triangulation qui permet de mesurer les distances avec grande précision en reliant des points fixes comme des tours, des clochers, des collines.
    Les habitants sont invités à collaborer, notamment pour nommer les lieux cartographiés. Ils ne le font parfois qu’avec réticence, car derrière l’entreprise «participative», ils devinent que se cache la volonté royale de mieux gérer mais aussi de mieux contrôler le royaume. Pour la science en revanche, ces nouvelles méthodes de travail vont permettre de créer une première carte territoriale complète de la France, une véritable encyclopédie du territoire.

    Prestige et postérité

    Ce monument cartographique va être diffusé dans une diversité matérielle remarquable, de l’exemplaire ordinaire au plus prestigieux. Le rôle des libraires a, ici, une grande importance. Certains proposent la carte avec multitude de possibilités : mise en couleur, entoilage, reliure, étui, baguette de suspension…
    L’exceptionnelle qualité de certains exemplaires présentés dans l’exposition, dont un sur soie, reflète l’éminence de leur propriétaire, tels le roi Louis XVI ou la reine Marie-Antoinette. Le gigantisme d la carte de France de Cassini n’a d’égal que sa pérennité d’usage ; le plus marquant étant la création des Départements en 1790, à laquelle elle sert de base cartographique. D’autres usages administratifs persistent jusqu’à nos jours, tel celui qui touche aux droits liés aux moulins. Son apport pour l’histoire actuelle de l’environnement ou en archéologie est tout aussi essentiel. Aventure scientifique à portée universelle, monument cartographique d’exception, la carte de France de Cassini devient un modèle pour la cartographie occidentale dont elle renouvelle les méthodes.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Soleil et Lune. Andreas Eriksson en dialogue avec Ivan Aguéli

    L’Institut suédois consacre son exposition d’automne à Andreas Eriksson (né en 1975), figure majeure de la scène artistique contemporaine. Son œuvre méditative, aux tons terreux et végétaux, est mise en regard de celle d’Ivan Aguéli (1869 – 1917), artiste, penseur et grand voyageur.

    Andreas Eriksson construit des structures visuelles au moyen de blocs, de couches et de coups de peinture, qui peuvent être interprétés comme autant de façons d’éprouver le monde. Strates géologiques, minéraux, mousse, feuilles ou écorce… Ses tableaux sont des superpositions de matérialité, des accumulations d’énergie et de temps dans des densités et des formes variées. Son art est fondamentalement lié à un seul et même lieu : Medelplana, au pied du plateau Kinnekulle, dans le sud-ouest de la Suède, près du lac Vänern. Les couleurs terreuses et saturées de ses peintures proviennent des paysages qui entourent sa maison et constituent son quotidien.

    Face aux peintures monumentales de Andreas Eriksson sont exposés une dizaine de petits formats d’Ivan Aguéli, peintre et mystique disparu au début du siècle dernier. Leur taille réduite nous indique un mouvement : ces œuvres ont été réalisées sur les chemins qui l’ont mené loin de sa Sala natale – petite cité minière, située dans une région montagneuse du centre de la Suède. Les paysages évoquent le sud ; ils sont délavés par le soleil, lumineux, les formes en sont réduites et simplifiées, presque cubistes, comme peintes à la hâte, avec ferveur. Les œuvres d’Ivan Aguéli ont été sélectionnées par Andreas Eriksson,qui a souhaité leur offrir une place à part entière dans son exposition. Par leur palette, leurs motifs, leur atmosphère et leur approche, les œuvres des deux artistes sont presque des contraires. La lumière éclatante et les vastes ciels d’Aguéli ; la terre sombre et minérale d’Eriksson.

    Ivan Aguéli avait la conviction que l’art pouvait être un portail vers une vérité supérieure. Toute sa vie a été une quête incessante, portée par différentes doctrines spirituelles, politiques et esthétiques. Un voyage qui, depuis Sala, l’a conduit vers des horizons aussi lointains que Paris et le Caire. Du protestantisme luthérien de son enfance à la mystique de Swedenborg, et de l’anarchisme à l’islam ésotérique de la tradition soufie.

    De prime abord, on se dit que les différences entre les deux artistes ne sauraient être plus grandes. Ivan Aguéli, l’anarchiste, le soufi, qu’une vie de vagabond en quête de sagesse aura conduit à une mort prématurée, dans un dénuement extrême. Et Andreas Eriksson, dont l’art naît d’un lieu unique. L’un en perpétuel mouvement, l’autre ayant fait de l’immobilité une condition nécessaire à la peinture. Mais en voyant leurs œuvres côte à côte, les différences biographiques semblent s’estomper. La présence du sensible est ce qui les unit. La terre, les pierres, les arbres chez Andreas Eriksson ; le ciel, le soleil et la lumière chez Ivan Aguéli. Ces peintures vivent dans une même atmosphère et répondent à une quête commune de vérité.

    Parallèlement à l’exposition, un livre présente en miroir les œuvres des deux artistes. Avec un texte de Sara Arrhenius.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Exposition  » L’antitsiganisme, d’hier à aujourd’hui. »

    Exposition créée par le Collectif National des Droits de l’Homme Romeurope et accueillie dans le cadre de la Semaine de Lutte contre les Discriminations.

    Une exposition sur l’histoire, les manifestations et la banalisation du racisme envers les personnes perçues comme Roms : temps d’échanges, témoignages…

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Exposition d’art contemporain au K.A.B

    À l’intérieur du square des Batignolles, d’étranges créatures ont élu domicile dans une serre. Sous cet abri de verre, les œuvres de Louise-Margot Décombas semblent veiller discrètement sur les passant·es, à moins qu’elles ne les épient, attendant le soir pour se mettre en mouvement…

    EXPOSITION DU 21 octobre au 15 novembre 2026

    Une datura sous l’oreiller
    Installation in situ de Louise-Margot Décombas

    Commissariat et texte : la collective glitch (Zélia Bajaj & Chloé Bonannini)
    Direction artistique : Nathalie Borowski – Hubert Rivey

    Vernissage ouvert à tous.tes le mercredi 21 octobre de 17h à 19h

    À l’intérieur du square des Batignolles, d’étranges créatures
    ont élu domicile dans une serre. Sous cet abri de verre, les œuvres de
    Louise-Margot Décombas semblent veiller discrètement sur les passant·es, à
    moins qu’elles ne les épient, attendant le soir pour se mettre en mouvement.

    Leur présence transforme le Kiosque en un lieu d’hybridation, à
    la lisière de la chambre, du jardin et du laboratoire. En son centre, les
    formes organiques et usuelles fusionnent, se distordent et changent de couleurs
    pour faire naître de nouvelles entités. Au crépuscule, les créatures
    s’éveillent : les plantes respirent ou diffusent une lueur, les surfaces douces
    se hérissent de picots et les objets changent d’échelle comme pour affirmer
    leur subjectivité. Face à cette nature fantasmée, difficile de savoir si notre
    esprit nous joue des tours ou si nous rêvons les yeux ouverts. Peut-on se fier
    à ce mobilier hybride pour y trouver refuge, ou faut-il rester sur nos gardes ?

    Les trois sculptures de Louise-Margot Décombas brouillent nos
    repères tout en nouant une relation matérielle et affective avec les objets qui
    nous entourent. D’une œuvre à l’autre, le mobilier devient abri, corps ou
    organisme, faisant affleurer derrière les usages coutumiers des formes de vie
    inattendues. Les œuvres nous invitent à considérer les objets du quotidien
    comme des présences actives et familières, agissant sur l’espace et les autres
    corps. Ces entités semblent alors moins habiter la serre qu’y développer leur
    propre monde, à la fois intime et autonome.

    Rappelant un songe ou un souvenir d’enfance, Une datura sous
    l’oreiller
    prolonge cette atmosphère onirique et étrange : une fleur issue
    du jardin s’est glissée dans l’espace intime de la chambre. L’oreiller, associé
    au sommeil, aux souvenirs et aux rêveries, suggère ce moment où les frontières
    entre ce qui est vécu, imaginé et remémoré deviennent poreuses. Fleur nocturne
    et toxique, la datura est associée à l’hallucination et au trouble. Surnommée «
    herbe aux sorcières », elle évoque aussi des savoirs empiriques liés aux
    plantes, transmis en marge des savoirs institutionnels. Comme les œuvres de
    l’exposition, elle fait surgir, derrière l’ordinaire, une vie insoupçonnée,
    chargée d’affects et de souvenirs.

    A propos :

    Louise-Magot Décombas est diplômée des Beaux-Arts de Paris et
    de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Elle vit à Paris et
    travaille à La Cyberrance à Romainville. Dans sa pratique artistique, elle met
    en scène des récits qui traduisent un attachement aux mobiliers du quotidien et
    incorporent des lieux de vie issus à la fois de la sphère intime et de l’espace
    public. Dans ses installations mêlant régulièrement sculptures et
    photographies, elle s’attache à faire ressortir les affects et les souvenirs
    qui les traversent. Ses recherches portent sur le détournement des habitats
    standardisés par l’appropriation individuelle à l’image des quartiers
    résidentiels, des villes ouvrières et des cités balnéaires, ainsi que sur les
    formes désuètes bien qu’ordinaires du mobilier extérieur.

    Avec le soutien de la Ville de Paris et le soutien de la Fondation des Artistes.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Exposition solo « Reliefs » : Sophie Bloch

    LooLooLook Gallery, galerie d’art contemporain située dans le 1er arrondissement de Paris, présente l’exposition personnelle de Sophie Bloch dans le cadre d’Une semaine de galerie, organisée par le CPGA du 15 octobre au 22 novembre 2026.

    Sophie Bloch

    Reliefs
    15 octobre — 22 novembre 2026

    LooLooLook Gallery a le plaisir d’annoncer l’exposition personnelle de Sophie Bloch dans le cadre d’Une semaine de galerie, organisée par le CPGA.

    Entre les formes, un espace de transformation

    Pour sa deuxième exposition personnelle à LooLooLook Gallery, après Bleu en 2023, Sophie Bloch présente Reliefs, une nouvelle étape de sa recherche autour de l’outremer. Depuis plusieurs années, l’artiste explore le bleu comme un espace plutôt que comme une simple couleur. Dans ses peintures, il se creuse, se soulève, se déplace. La surface devient le lieu d’un mouvement continu, à la frontière entre paysage réel et paysage imaginé.

    Les séries Vagues, Ondes, Mégalithes et Cimes témoignent de cette évolution. Une forme liquide peut devenir progressivement masse, puis relief ; ce qui semblait appartenir au monde de l’eau finit par évoquer la montagne. La profondeur devient onde, l’onde devient vague, la vague devient masse, la masse devient cime. C’est dans cette transformation que se situe le sens du titre Reliefs : un relief géographique, mais aussi un relief de la matière en écho avec une profondeur intérieure.

    Chez Sophie Bloch, le paysage ne précède pas la peinture, il apparaît à travers elle. La brosse avance dans l’huile, laisse des stries, creuse certaines zones, en recouvre d’autres. Le geste reste perceptible et donne à la surface une présence presque tactile. À partir de l’outremer, l’artiste fait surgir une gamme de nuances qui va du bleu profond au violet, du cobalt au noir. La lumière vient ensuite modifier cette perception. Selon l’endroit où l’on se place devant la toile, certaines formes apparaissent tandis que d’autres disparaissent. Une montagne peut sembler surgir d’une vague ; une profondeur peut s’ouvrir dans une surface que l’on croyait plane. Les œuvres ne livrent donc pas immédiatement leur paysage. Elles demandent au regard de prendre son temps.

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    Vernissage

    Jeudi 15 octobre 2026
    18h — 21h
    En présence de l’artiste.

    Nous serions heureux de vous accueillir pour cette ouverture officielle.

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    Œuvres uniques.
    Rendez-vous privés sur demande.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Hélène Fauquet – Vivresse

    Au dernier étage de la Fondation, Lafayette Anticipations présente Vivresse, la première exposition institutionnelle en France consacrée à l’artiste Hélène Fauquet.

    Vivresse – contraction de vie et d’ivresse – invite à découvrir un état où force vitale et désir ne feraient qu’un. L’œuvre singulière d’Hélène Fauquet illustre une tension entre des formes ornementales et une dimension conceptuelle à la lisière du surréalisme.
    Son travail récent explore les thèmes de l’ornement et de l’art, de la nature et de l’artifice, ainsi que de l’histoire et du présent. La coquille a jaugé l’œuvre et est prête à l’absorber.

    Les sculptures d’Hélène Fauquet explorent les coquillages et les questions que leurs formes soulèvent. La genèse de ces sculptures repose sur le geste d’oblitérer ses photographies avec un objet tridimensionnel – le coquillage. Encadrés de manière glamour, ces objets dégagent l’attrait scintillant de niches opalines. Les cadres dépassent leur fonction de simple dispositif de présentation pour devenir un seuil vers un espace sensible et symbolique.

    Son travail s’intéresse aux résidus de la photographie et au mouvement des images. Dans son exposition récente Phenomena au Kunsthaus Glarus en Suisse, elle développe une approche phénoménologique de la perception et réfléchit à la manière dont l’information est stockée.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Exposition en plein air « Les krâneuses qui tétonnent »

    Une autre réalité du cancer du sein, celle de la féminité, du rapport au corps, de l’intimité, de la maternité et de la vie après la maladie.

    Le projet d’exposition Les Krâneuses qui Tétonnent est né en 2023 de la collaboration des
    associations Jeune & Rose et Maquille Mon Krâne, œuvrant à la prévention et à l’accompagnement de personnes touchées par un cancer du sein et par l’alopécie.
    Pour cette
    édition 2026, l’Institut des Cancers des femmes (Institut Curie) s’associe au projet ; cinq portraits supplémentaires de jeunes femmes en cours de traitement au sein de l’Institut, viennent compléter le premier format d’exposition (2023).

    À travers leurs portraits et leurs témoignages, elles racontent
    leurs parcours et donnent à voir une autre réalité du cancer du sein.
    Nour diagnostiquée à 33 ans, Anaïs 23 ans, Morgane 27 ans, Héloïse 35 ans, Virginie 38 ans, Ariane 35 ans, Élodie 32 ans, Wilnette 35 ans, Grâce 25 ans puis 37 ans, Caroline 28 ans puis 38 ans, Nelly 34 ans, Liz 37 ans, Annie 26 ans, Morgane 35 ans et Mathilde 25 an.

    Entre strass et paillettes, cette exposition présentée dans le cadre d’Octobre Rose, s’inscrit dans une démarche d’éducation à la santé et souhaite
    diffuser des messages de bienveillance envers soi et envers les autres.

    Maquillage : Fanny Miosotis
    Assistantes maquillage : Louise Favier, Sylvie Coelho Goncalves
    Photographie : Morgan Matyjasik

    Exposition photo en libre accès à découvrir sur les Grilles du square Paul Robin, Paris 18e

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Exposition monographique consacrée à l’artiste australienne GW BOT | GLYPHMAKER – La métamorphose des signes

    La galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob présente GW BOT | GLYPHMAKER — La métamorphose des signes, une exposition monographique consacrée à l’artiste australienne GW Bot, du 15 octobre 2026 au 23 janvier 2027, au 13 rue Chapon, 75003 Paris. À travers son oeuvre, GW Bot développe un langage singulier de signes et de glyphes, inspiré par les textures, les rythmes, la lumière et l’atmosphère du paysage australien. Entre écriture et abstraction, ses formes traduisent une relation intime au territoire, où la nature devient à la fois mémoire, langage et espace intérieur.

    Née en 1954 à Quetta, au Pakistan, de parents australiens, GW Bot est une artiste australienne dont l’oeuvre explore les liens entre l’être humain, le paysage et le monde intérieur. Son enfance passée dans plusieurs pays nourrit très tôt son intérêt pour les cultures et les territoires. Elle étudie l’art à Londres, Paris et en Australie, et obtient en 1982 son diplôme de l’Australian National University de Canberra. Depuis1985, elle se consacre pleinement à sa pratique artistique. Installée à Canberra, au coeur d’un environnement qui devient la source majeure de son inspiration, elle adopte le wombat comme animal totémique, en référence à la relation d’unité entre l’être humain et son environnement présente dans certaines traditions aborigènes. Elle forge son nom d’artiste à partir de l’une des premières appellations écrites du wombat dans une source française : « le Grand Wam Bot ».

    Avant-propos de l’exposition

    À travers ses œuvres, GW Bot développe un langage visuel singulier fondé sur les « glyphes », des signes qu’elle invente et transforme au contact des paysages australiens. Un glyphe est un signe graphique qui porte en lui une forme et une signification. À mi-chemin entre formes végétales, animales et humaines, ces signes constituent un alphabet ouvert, dont le sens reste volontairement mystérieux.

    L’artiste ne cherche pas à représenter la nature de manière réaliste. Elle en traduit plutôt les rythmes, les forces et les transformations. Forêts, prairies, falaises, terres brûlées ou paysages arides deviennent ainsi les sources d’une écriture personnelle.

    Son univers s’est également construit au fil de nombreux voyages en Europe et au Moyen-Orient. L’art byzantin, les sculptures d’Aghtamar, les motifs des tapis orientaux ou encore La Dame à la licorne ont nourri son imaginaire et enrichi son vocabulaire de formes et de symboles. La littérature et la poésie, notamment l’œuvre d’Alexandre Pouchkine, accompagnent également sa réflexion sur la création et sur la figure du poète.

    Peu à peu, son travail s’est orienté vers le thème du jardin. Celui-ci devient un espace à la fois extérieur et intérieur, où se rencontrent la nature, l’intime et la spiritualité. En s’inspirant notamment de la tradition de l’hortus conclusus et des représentations religieuses, GW Bot fait du jardin un lieu de contemplation et de passage entre le visible et l’invisible. Cette attention portée au jardin peut, par certains aspects, évoquer celle de Bonnard, pour qui cet espace devient également un territoire sensible et pictural.

    Toutes ces influences se mêlent dans une œuvre profondément ancrée dans le territoire australien et attentive à sa fragilité. Le feu, la sécheresse, la disparition et la renaissance deviennent les expressions des cycles qui traversent le monde vivant.

    Le « soleil noir », motif récurrent dans son œuvre, introduit une dimension à la fois cosmique et symbolique. Il évoque les relations entre obscurité et lumière, disparition et renaissance, et accompagne l’idée de transformation.

    Linogravure, pigments, graphite, découpes et tapa participent à cette écriture visuelle faite d’empreintes, de superpositions et de transparences. Le choix du papier occupe lui aussi une place essentielle dans son processus de création. GW Bot le considère comme un véritable « sol » : sa texture, sa densité et sa capacité à recevoir l’image influencent directement le résultat. Chaque papier possède ainsi ses qualités propres et, comme un sol, peut accueillir certaines formes et en transformer d’autres.

    L’œuvre de GW Bot compose ainsi une véritable cartographie poétique, dans laquelle le paysage, la mémoire, la spiritualité et le langage se rencontrent et se transforment sans cesse.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Mungo Thomson – Monument

    Lafayette Anticipations présente Monument, une exposition personnelle consacrée à Mungo Thomson.

    À travers deux œuvres emblématiques, l’artiste californien inscrit dans le temps long des images éphémères et des objets voués à l’abandon. Déployant vidéo, sculpture et installation, Thomson explore les cultures populaires et déplace notre regard sur le familier, qu’il rend soudain étrange.

    Érigé dans la cour de Lafayette Anticipations, Snowman est une tour monumentale inspirée de tubes d’expédition et de livraison postale en carton. Matériaux d’emballages voués à circuler puis à disparaître, ils deviennent ici une sculpture de bronze élancée.

    Le film Time Life Volume 15. Monument to a Period of Time in Which I Lived est le quinzième volet d’une série d’animations en stop-motion, chacune composée de milliers d’images issues de livres. Une succession de bougies y défile comme autant de flashs, puisés notamment dans des ouvrages religieux, d’histoire de l’art ou de décoration.

    Avec Snowman et Time Life Volume 15, Mungo Thomson renverse l’idée même du monument. Inspirés par la circulation massive des colis et des images à l’ère contemporaine, ces monuments ne commémorent pas d’événements historiques, mais l’expérience ordinaire d’une génération, celle de l’artiste, façonnée par les médias imprimés et la transition du monde analogique vers le numérique.

    Visuel de couverture : Mungo Thomson, Volume 15. Monument to a Period of Time in Which I Lived, 2025. 4K video avec son, 1:54 minutes Son : vinyl crackle ASMR. © Mungo Thomson. Courtesy l’artiste, galerie frank elbaz, and Karma.

    Fiche sur Que faire à Paris

  • Georges Kars, un Bohémien à Paris

    Peintre majeur de l’École de Paris aujourd’hui largement méconnu, le tchèque Georges Kars retrouve toute sa place au mahJ dans cette première grande rétrospective depuis plus de quarante ans.

    Georges Kars (Prague, 1880 – Genève, 1945) appartient à cette génération d’artistes venus d’Europe centrale qui firent de Paris l’un des principaux foyers de la modernité artistique. Formé à Munich avant de s’installer définitivement en France en 1919, il développe une œuvre originale où l’héritage de l’expressionnisme et du cubisme laisse progressivement place à une figuration profondément personnelle, fondée sur la robustesse des constructions et la plénitude des formes.

    Entouré de Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Berthe Weill, Paul Poiret, Jules Pascin, Juan Gris, Suzanne Valadon ou Chana Orloff, il participe pleinement à la vie artistique de l’entre-deux-guerres. Pourtant, son œuvre tombe peu à peu dans l’oubli après son suicide à Genève en 1945.

    Réunissant des prêts exceptionnels des plus grandes institutions tchèques, cette exposition retrace son parcours, met en lumière les liens entre les scènes artistiques de Prague et de Paris et redonne à Georges Kars la place qu’il occupe dans l’histoire de l’art du XXe siècle.

    Fiche sur Que faire à Paris