La photographe Charlotte Schousboe, travaille autour du vivant, des fruits et des légumes, et de leurs transformations lentes – parfois sur plusieurs mois. À travers ces matières du quotidien, elle explore les cycles de la vie, les instants où la forme se défait pour mieux se réinventer.
Venez (re)découvrir l’exposition du moment à la Maison du Jardinage et du Compostage
« Dans un monde qui change et s’agite, je cherche la magie là où elle reste discrète. »
Tout a commencé au fond de mon frigo, avec un légume tristement oublié.
Cette tomate avait décidé de vieillir encore plus vite que moi. Plutôt que de la jeter, j’ai choisi d’observer sa crise existentielle : elle prenait son rôle très au sérieux, et je ne voulais pas l’offenser.
En vieillissant, nous faisons l’expérience d’une forme d’invisibilité, devenant peu à peu transparents aux yeux d’une société qui s’agite, qui change sans cesse, qui glorifie la jeunesse et poursuit la quête d’une perfection utopique. Les fruits et légumes du quotidien partagent ce même sort : relégués dans l’ombre, ils s’effacent sans bruit. Pourtant, c’est là, dans cette pénombre oubliée, que s’invente une autre manière d’exister. Différente mais pas moins intéressante.
Dans Métamorphoses silencieuses, la photographie redonne une présence à ce qu’on ne regarde plus. Chaque image est un autoportrait du temps en version potager. Une matière en transition qui glisse lentement vers une forme organique et presque abstraite.
C’est un paysage intérieur où la vie et la mort coexistent. Les formes se rencontrent, se contaminent et se métamorphosent sans demander la permission jusqu’à finir par se minéraliser en silence.
En somme, une manière de regarder le vivant autrement : sans drame ni nostalgie, avec une tendresse amusée pour ce qui persiste. Car ce qui semble s’effacer se transforme, et ce qui devenait invisible se révèle enfin.
Chaque image devient trace, empreinte, mémoire organique.
Un portrait – non pas d’un être vivant, mais d’une matière qui continue de raconter quelque chose, même lorsqu’elle semble s’effacer.
C’est un travail fine art contemporain, édité en série limitée à 30 tirages.
Chaque œuvre possède un titre et une légende, affichés à côté du tirage. Le public peut s’amuser à deviner le végétal d’origine, ce n’est pas toujours évident !
Les légendes sont des fragments de vie, des pensées du jour, ce que le végétal me raconte au moment de sa transformation.
Les tirages sont réalisés sur Hahnemühle William Turner, un papier 100 % coton, à la texture mate et légèrement granuleuse, au toucher presque textile, une surface qui accroche la lumière et révèle les détails les plus subtils. Il donne aux images une présence douce mais profonde, presque tactile – comme si la matière continuait de respirer à travers le tirage.
Vous pourrez venir profiter de cette exposition à la Maison du Jardinage et du Compostage jusqu’au mois de décembre 2026.